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Les abus des entreprises suédoises

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09:00 CEST+02:00
Göran Persson s'est dit pessimiste quant à la capacité de l'Union européenne pour trouver un accord sur les perspectives financières pour 2007-2013. Il a ainsi déclaré qu'il était préférable de repousser les negociations pour prendre une année supplémentaire de réflexion plutôt que de se prononcer pour un mauvais compromis.

De fait, l'Europe traverse une période difficile, égarée par le non franco-néerlandais au processus de ratification de la Constitution européenne et l'affrontement croissant entre deux conceptions du projet européen –l'une plus libérale et soutenue par le Royaume Uni, l'autre plus sociale revendiquée par la France et l'Allemagne.

Et finalement, ce nouveau contretemps : l'échec de l'adoption d'un nouveau budget lors du sommet du Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement ce week-end ne vient pas faciliter le développement de l'Europe. Malgré tout, les activités de l'Union européenne se poursuivent, et son influence sur la société suédoise s'accentue.

Suite au jugement d'une Cour européenne soulignant l'illégalité du système de monopole d'État des pharmacies suédoises, le gouvernement suédois était apparu dans un premier temps plutôt sceptique, allant jusqu'à affirmer qu'il n'y aurait aucun changement majeur du système existant.

Néanmoins, la position des autorités du pays sur le sujet semble s'être adoucie depuis que Ylva Johansson, ministre de la santé, a annoncé que certains médicaments disponibles sans prescription par ordonnance pourraient être vendus dans des supermarchés dès l'année prochaine.

Dans le domaine pharmaceutique encore, la compagnie anglo-suédoise AstraZeneca, géant de la production de médicaments, vient d'être condamnée à une amende colossale de 60 millions d'euros par la Commission européenne.

Le groupe a été déclaré coupable de violation des règles de concurrence au sein de l'Union européenne et d'abus sérieux de sa position dominante sur le marché en protégeant illégalement son médicament Losec contre les ulcères a l'estomac, de rivaux potentiels et en bloquant l'accès du marché aux médicaments génériques.

Cette semaine une autre entreprise suédoise est convaincue de fraude et risque gros. Il's'agit du groupe suédois Metro International qui publie des journaux d'information gratuits dans le monde entier.

Ainsi, le service suédois de médiation de l'Union européenne, chargé des affaires relatives aux consommateurs, a déclaré qu'il allait poursuivre Metro pour avoir présenté, à plusieurs reprises, des espaces publicitaires en une de ses journaux, en les faisant passer pour des actualités, et trompant ainsi le lecteur.

« Il est important, dans la presse, la radio et la télévision, qu'il y aie des frontières claires entre les contenus éditoriaux et commerciaux » a-t-il été ajouté.

Elles ne sont pas coupables de fraude, ni de concurrence illégale, et pourtant ces entreprises sont problématiques et soulèvent les interrogations. Il s'agit de ces sociétés possédant des marchés importants dans des pays dont le niveau de développement des institutions démocratiques et pacifiées, respectant les droits de l'homme, est hautement mis en doute.

C'est le cas du géant suédois de la communication, TeliaSonera, dont les marchés les plus dynamiques sont situés dans des États où la corruption, les violences policières et la torture ne sont malheureusement pas des faits isolés. Ainsi, les revenus des filiales de TeliaSonera en Georgie, en Moldavie et en Azerbaïdjan ont augmentés sensiblement ces dernières années.

La question se pose alors de savoir si de tels investissements peuvent réellement favoriser l'implantation de la démocratie en accélérant les changements ou s'ils aident au contraire les régimes répressifs en place ?

Celia Pascaud

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